2022

Numéro 45 – Janvier 2022

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Le Mot du vice-président

Notre association continue son bonhomme de chemin, avec des activités plus ou moins réduites du fait de la crise sanitaire.
Depuis notre dernier bulletin, nous avons assisté à diverses réunions :

  • atelier de quartier mobilités Bourse-Krutenau et atelier de quartier mobilités Neudorf
    Nous y demandons entre autres la transformation des zones 30 en zones de rencontre lorsque les trottoirs y sont étroits voire inexistants.
  • réaménagements du quai des Pêcheurs, du quai de Paris, de la rue de la Montagne verte
    Nous y demandons toujours des trottoirs confortables, d’au moins 1,40 mètre de large voire plus … sans cyclistes.

Suite à notre courrier de septembre dernier à Mme Sophie Dupressoir, notre élue strasbourgeoise en charge
de la ville cyclable et marchable – courrier figurant en première page de notre précédent bulletin -, nous l’avons
rencontrée le 4 janvier dernier. Voir à ce sujet l’article ci-dessous.
La création de cheminements piétons sécurisés et attractifs mérite qu’un plus grand nombre de citoyens s’y
intéresse et s’associe à la réflexion et aux concertations avec les collectivités, ou tout simplement apporte son
soutien à notre association.

Nous ne pouvons donc que vous inviter à réadhérer, à l’aide du bulletin ci-joint, et à inciter vos voisins, amis et
connaissances à en faire autant.

Au nom de notre association, je vous adresse mes vœux les plus sincères, avant tout de bonne santé, pour l’année 2022.

Gilles HUGUET

Rencontre du 4 janvier avec Mme Dupressoir

Nous avons abordé avec Mme Dupressoir, adjointe en charge de la ville cyclable et marchable, la plupart des
points évoqués dans notre lettre de septembre dernier, et quelques autres, à savoir :

  • classement des rues en zone 30 avec trottoirs très étroits ou inexistants en zones de rencontre : elle est d’accord, mais l’étude globale prendra du temps.
  • classement en zone de rencontre de la totalité de l’ellipse insulaire (ou « Grande Île ») n’est pas satisfaisant. Il convient de modifier le classement de certaines voies.
  • classement de toute la ville en zone 30 : non.
  • magistrale piétonne (qui va de la place de la Gare à la place du Marché à Neudorf) à signaler et faire connaître : elle va étudier la question.
    A noter que 2 autres magistrales piétonnes sont prévues : autour de l’ellipse insulaire (ring ou ceinture) et de l’Université aux institutions européennes.
  • piétonnisation de 3 places du centre ville (place du Temple neuf, place du Marché neuf et place Saint-Pierre le Jeune) : a priori oui, à étudier.
  • « rues écoles » Il y en a actuellement 2 : rue des Bonnes Gens devant l’école Saint-Jean et rue des Re nards devant l’école Camille Hirtz à Cronenbourg, d’autres sont prévues, au rythme de 10 écoles par an (ce qui nous semble très optimiste). Ces opérations consistent à interdire la circulation automobile aux heures d’entrée voire de sortie des écoles, pour le confort et la sécurité de tous les élèves, parents d’élèves, …
  • « rues libérées » (c’est à dire réservées aux seules circulations douces, sans voitures). Après l’avenue des Vosges un dimanche de septembre dernier, il est envisagé de reconduire ce dispositif en 2022, également en septembre, sur d’autres voies et d’autres quartiers.

Gilles HUGUET

Tribune libre : Les cyclistes sont-ils nos ennemis ?

Si l’on jette un coup d’œil sur les rubriques « Courrier des lecteurs » ou « La ville en débat » des D.N.A., on y trouve récriminations, voire insultes à l’égard des cyclistes. Aussi bien les piétons que les automobilistes les traitent d’agressifs, d’inconscients, de criminels … et j’en passe des meilleures. Au hasard d’une conversation avec quiconque n’a jamais pédalé ou n’a plus pédalé depuis des lustres, on n’évitera pas d’entendre la phrase: « J’ai failli avoir été renversé par un cycliste ».

Oui, souvent le piéton a été frôlé par un cycliste trop rapide, a été surpris par un bolide passé à quelques centimètre de lui. Et cela même en zone piétonne, même, par exemple, à Strasbourg, rue d’Austerlitz, où le cycliste devrait réglementairement « mettre pied à terre », ou emprunter la voie parallèle.

Oui, la cohabitation entre cyclistes et piétons, surtout quand ceux-ci sont âgés ou accompagnés de tout jeunes enfants, est loin d’être idyllique. Il y a des engueulades, des accrochages et très exceptionnellement, des chutes qui, encore plus exceptionnellement, se traduisent par de légères blessures. Évidemment, ce sont les cyclistes qui en sont responsables, du moins, disons, dans 99% des cas. Bien que responsables, souvent ils ne s’excusent même pas de leur comportement. En effet, aucun individu grossier ne se transforme en personne civilisée en mettant ses fesses sur une selle de vélo.

Mais, si l’on a enregistré ces dernières années, dans la France entière, quelques hospitalisations de piétons renversés par un « deux roues », et si même on a eu à déplorer, voici une vingtaine d’années, le décès d’un piéton strasbourgeois victime d’un cycliste, ces accidents et ce drame sont à comparer avec l’hécatombe de piétons et de cyclistes causée par la circulation des voitures et des camions. Dans notre pays, en effet, on déplore environ 500 piétons tués chaque année ( et environ 150 cyclistes ) et dans le Bas-Rhin, de 2011 à 2020 inclus, 58 piétons ( et 38 cyclistes ), soit en moyenne 6 piétons tués chaque année ( et 4 cyclistes ). La plupart des piétons « écrasés » et des cyclistes « fauchés » ont été victimes de conducteurs d’engins motorisés.

Il faut bien sûr éviter les conflits de cohabitation entre piétons et cyclistes, mais il faut, avant tout, sauver des vies !
Les problèmes de cohabitation entre piétons et cyclistes peuvent se régler par l’élargissement des trottoirs, par l’éviction du stationnement dit « sauvage » et de la circulation des véhicules sur les trottoirs (à quelques exceptions près – enfants à vélo, fauteuils roulants, …), et aussi par une certaine tolérance, une certain civilité entre les « usagers de la rue ».

Une réglementation favorisant les usagers les plus vulnérables doit être adoptée et, en cas de non respect, quelques « contredanses » bien ciblées pourraient contribuer à son application.

Jean-François WOLFF

Trottoir confisqué, piétons sidérés quai de Paris

A Strasbourg, sur le quai de Paris, le trottoir longeant les berges face à la Place des Halles a purement et simplement été confisqué aux piétons, pour se muer en piste cyclable par un simple trait de peinture.

C’est le résultat de la mise en œuvre du contournement cycliste de la Grande-Île. Ce « ring » ou contournement cyclable devrait permettre de délester la Grande-Île d’un trop grand nombre de vélos fendant la foule des piétons. Et par la même occasion, apaiser la cohabitation cyclistes/piétons.

Mais pour l’instant un nouveau lieu de conflits cyclistes/piétons a été créé de toutes pièces. La plupart des piétons continuent à utiliser leur ancien trottoir. De surcroît, les piétons venant du pont de Saverne et longeant la berge se trouvent soudainement dans une impasse face à la piste cyclable sur trottoir.

La conseillère municipale, déléguée à la ville cyclable et marchable, Sophie Dupressoir, que Piétons 67 a rencontré ce 4 janvier 2022, admet un « point noir », qui devrait se résoudre une fois que les bus seront repoussés vers les quais extérieurs.

En attendant, les piétons qui ne souhaitent pas cheminer sur la nouvelle piste cyclable sur trottoir pourront toujours tenter de prendre le trottoir d’en face. Mais cela oblige la plupart du temps à se frayer un passage parmi les nombreuses personnes en attente à l’arrêt de bus.

Combien de temps va durer cette situation transitoire ubuesque ?

André ROTH

Deux personnes âgés marchant sur le trottoir qui a été transformé en piste cyclable par un simple coup de peinture

Numéro 46 – Octobre 2022

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Le Mot du vice-président

Voici avec un peu de retard notre nouveau bulletin.

Notre association continue à se préoccuper du confort et de la sécurité de tous les piétons, par sa présence dans de nombreuses réunions et ses rencontres avec les élus.

Vous trouverez ci-après le texte du courriel que nous avons envoyé le 21 septembre dernier au président du Conseil de développement de l’Eurométropole de Strasbourg, texte rédigé par « notre meilleur rédacteur » Jean-François Wolff. Il résume au mieux l’ensemble de nos préoccupations actuelles.

Mais la longueur de ce texte ne permet pas de mettre d’autres articles dans ce bulletin.
Bonne lecture et à la prochaine fois !

Gilles HUGUET

Courriel au président du Conseil de développement de l’Eurométropole de Strasbourg

Monsieur le Président,

Le CONSEIL DE DÉVELOPPEMENT (CODEV) de L’EUROMÉTROPOLE, dans la publication de Juin/Juillet/Août du N° 36 d’EUROMÉTROPOLE MAGAZINE, nous informant qu’il recueille avis et propositions de « tous les usagers de la route », notre Association « PIÉTONS 67 » vous adresse par la présente nos observations et propositions.

Tout d’abord, nous tenons à saluer le PLAN PIÉTON, approuvé par l’EUROMÉTROPOLE dans sa délibération du 3 Mai 2021.
Ce plan comporte en effet de nombreuses déclarations d’intentions et propositions auxquelles nous souscrivons pleinement.

Toutefois les mesures décrites pêchent parfois par leur manque d’ambition et de mise en œuvre en regard des défis considérables auxquels devront faire face les villes, notamment en matières climatique, énergétique et sanitaire. Elles ignorent également le « rôle-phare » que Strasbourg pourrait exercer, car l’exemple fourni par une capitale européenne aurait probablement un effet d’entraînement auprès d’autres grandes villes.

De manière plus concrète, le plan piéton met insuffisamment l’accent sur le fait que la meilleure manière d’encourager les déplacements à pied (ou par les « modes doux ») est … de décourager les circulations et stationnements non indispensables, et qui apportent nuisances et dangers (autos, motos, poids lourds mais aussi, dans certains cas, vélos et trottinettes ).

En matière de STATIONNEMENT, l’association Piétons 67 propose :

  • la répression du stationnement illégal sur trottoirs, y compris celui qui oblige les piétons à utiliser les pistes cyclables :
  • la suppression du stationnement légal sur trottoir et chaussée, c’est-à-dire du stationnement « à cheval » sur ces deux infrastructures, même s’il est délimité par des traits de peinture :
  • la généralisation du stationnement payant pour tout véhicule motorisé (motos y compris), aussi bien sur voirie qu’en ouvrage;
  • des mesures (tarifaires et de surveillance) en vue d’assurer une meilleure utilisation des  » parkings-relais  » existants;
  • l’organisation de l’accès aux parkings en ouvrage, dans le but d’éviter en plein centre-ville les files d’attente sur voirie.

Toutes ces mesures allant dans le sens de la diminution de l’offre globale de stationnement, la satisfaction de la demande en matière de stationnement résidentiel (qui est susceptible de se maintenir, voire de s’accroître) sera obtenue par l’optimisation de l’occupation des places de parking et par une tarification adaptée.

En matière de CIRCULATION, nous demandons :

  • l’interdiction de toute circulation vélo, trottinette ou autre moyen similaire sur trottoirs (sauf pour les enfants de moins de 8 ans), avec suppression de tout marquage (bande cyclable) en leur faveur;
  • le report sécurisé de cette circulation sur la chaussée, avec création de piste ou bande cyclable, par rétrécissement ou suppression de l’emprise des files dédiées au trafic motorisé;
  • la généralisation de la vitesse maximum à 30 km/h, en milieu urbain, sauf sur les grands axes, avec dispositifs se traduisant par une réduction effective à cette vitesse;
  • la suppression ou la réduction de l’emprise des terrasses des cafés/restaurants (et des chevalets) quand celles-ci apportent des difficultés particulières aux circulations piétonnes.
  • la création par les communes d’une programmation de mise en zone de rencontre des petites rues, souvent limitées à 30 km/h, mais qui sont déjà, de fait, des zones de rencontre car tous les piétons, et en particulier les poussettes, les fauteuils ou les rollators, sont obligés de circuler sur la chaussée :

En matière de CIRCULATION et de STATIONNEMENT À PROXIMITÉ DES ÉTABLISSEMENTS D’ENSEIGNEMENT (préscolaire à lycée), il y a lieu de prévoir :

  • la suppression des « zones de dépose rapide »;
  • la généralisation des « rues-écoles », y compris quand il s’agit de voies à circulation importante;
  • l’électrification des autocars scolaires.

En matière d’URBANISME, nous proposons :

  • en milieu urbain dense et bien desservi par les transports en commun, la suppression, dans la réglementation des Plans locaux d’urbanisme, de l’obligation de créer des places de stationnement automobile;
  • dans les zones piétonnes, dans les éco-quartiers … l’interdiction dans la réglementation des Plans locaux d’urbanisme de la création de places de stationnement et l’inscription de normes généreuses pour le stationnement des vélos;
  • l’interdiction de toute nouvelle construction à usage d’habitation, de commerce ou de service public ou privé dans tout secteur qui ne serait pas parfaitement bien desservi par les transports en commun.

Sur le PLAN SYMBOLIQUE, il nous paraît très souhaitable :

  • de parachever la « magistrale-piétonne » gare centrale/place du Marché de Neudorf, (avec, en complément, réduction des temps d’attente aux feux) et de prévoir, à cette occasion, des événements médiatiques significatifs;
  • d’organiser un « concours d’idées » concernant la suppression (totale ou partielle) du parking Kléber et sa réaffectation à d’autres fins;
  • d’ouvrir un débat public concernant les moyens de réduire les nuisances de l’Avenue du Rhin, entre le Parc de l’Étoile et Kehl;
  • de demander à nos élus de faire voter des mesures de tout ordre visant, aux niveaux local, régional, national et européen, à favoriser les « circulations douces » au détriment des autres. Ces mesures ne devraient pas omettre une règlementation relative aux excès de publicité en faveur de certains types de véhicules polluants.

Nous nous ferions un plaisir de détailler, par écrit ou par oral, l’ensemble de ces réflexions et propositions et, dans cette attente, vous prions d’agréer, Monsieur le Président, nos salutations respectueuses.

Pour l’association Piétons 67,
Gilles Huguet

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