Marcher ne devrait pas être un parcours d’obstacles

Chaque jour, des milliers de personnes choisissent, ou n’ont d’autre choix que, de marcher pour aller à l’école, au travail, rejoindre les transports en commun, faire leurs courses ou simplement profiter de leur ville.

Mais trop souvent, marcher relève du parcours d’obstacles.

Pour certains, ces entraves passent inaperçues : un scooter ou une moto sur le trottoir ne semblent pas poser problème. D’autres n’y voient rien d’anormal, ou trouvent des excuses à ceux qui gênent le passage, estimant que le piéton peut encore se faufiler mais oubliant que poussettes, fauteuils ou rollators sont obligés de se reporter sur la chaussée ou sur la piste cyclable. Pourtant, il suffit d’être un peu sensibilisé pour constater que nos trottoirs, censés être des espaces sûrs et accessibles à tous, sont de plus en plus trop souvent encombrés.

Voitures stationnées partiellement, voire complètement sur les trottoirs, scooters et motos en infraction (quasiment jamais verbalisés), vélos et trottinettes bloquant le passage, terrasses débordantes, panneaux de signalisation de travaux ou d’interdiction de stationner posés sur les trottoirs, poubelles des particuliers … Sans oublier les potelets anti-stationnement qui réduisent encore la place disponible pour les piétons et les personnes à mobilité réduite.

Ces obstacles ne sont pas seulement gênants : ils traduisent un déséquilibre profond dans le partage de l’espace public.

La marche, pourtant mode de déplacement le plus universel, le plus écologique reste encore aujourd’hui le grand oublié des politiques d’aménagement.

À cela s’ajoutent des automobilistes et motards qui circulent dans les zones piétonnes sans autorisation, ainsi que des livreurs avec des vélos débridés ou des utilisateurs de trottinettes débridées qui deviennent une source de danger et d’angoisse supplémentaire.

Refusons que le piéton soit relégué au rang d’intrus sur les trottoirs et dans les zones piétonnes qui lui appartiennent de droit. Nous demandons que les pouvoirs publics fassent respecter la loi sur l’occupation des trottoirs, des aires piétonnes et des zones de de rencontre, que les aménagements soient pensés pour tous les usagers et que la marche redevienne une priorité dans les plans de mobilité.

Améliorer la marchabilité de nos villes et villages, c’est offrir à chacun la liberté de se déplacer en sécurité. C’est aussi favoriser la convivialité, la santé et la vitalité de nos centres urbains.

Nous appelons les élues et élus à écouter les piétons, à mieux concevoir et entretenir les espaces pour les personnes à mobilité réduite et pour les marcheurs, et à faire respecter l’espace qui leur revient.

Il est paradoxal qu’on verbalise plus facilement un dépassement d’horodateur qu’un véhicule motorisé stationné sur un trottoir, alors même qu’il existe souvent de nombreuses places libres dans les parkings en ouvrage.

Nous demandons également le retrait des vélos et trottinettes attachés au mobilier urbain pendant plusieurs jours, sans attendre qu’ils deviennent des épaves, afin de libérer durablement l’espace public et garantir la sécurité et la fluidité des déplacements à pied.

Nous proposons d’abord des phases de prévention, de pédagogie et d’information avec l’apposition d’un avis sur tous les véhicules gênants, suivies de verbalisations systématiques et régulières, de jour comme de nuit, y compris les week-ends et jours fériés (périodes où les incivilités sont plus nombreuses). Et la période des marchés de Noël ne doit pas non plus être la période de laxisme face à ces comportements. La vidéo-verbalisation, actuellement limitée à la commune de Strasbourg en journée, faute de personnels disponibles, doit être étendue, tout en persévérant dans l’encouragement à utiliser les transports en commun qui évitent le stationnement des véhicules.

Face aux discours il y a la réalité observée et vécue quotidiennement.

Nous invitons chaque citoyenne et citoyen à se réapproprier la marche, à signaler les obstacles, et à rappeler que l’espace public appartient d’abord à ceux qui le parcourent à pied.

Quelques exemples

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