A propos des conflits entre cyclistes et piétons

« Piétons et cyclistes, même combat … »
« Les piétons et les cyclistes sont frères … »
« Piétons et cyclistes, coexistez pacifiquement … »

Tels étaient les slogans de l’Association nationale «LES DROITS DU PIÉTON – POUR UNE CITE HUMAINE », qui avait été fondée en 1966 par le regretté Roger Lapeyre.
Cette Association, à laquelle « Piétons 67 » est affiliée, s’est depuis quelques années appelée « 60 MILLIONS DE PIÉTONS ».

Parmi ces 60 millions, et parmi le million de Bas-Rhinois en âge de marcher, beaucoup parlent du danger représenté par les cyclistes circulant sur les trottoirs, zigzaguant en zone piétonne ou les frôlant de trop près.
Le courrier des lecteurs des « Dernières Nouvelles d’Alsace » abonde en lettres de récriminations de piétons indiquant qu’ils ont « failli avoir été renversés par un cycliste ».
Inversement, nombre de cyclistes se plaignent des piétons déambulant sur les pistes et bandes cyclables.
On est donc loin de la fraternité entre piétons et cyclistes, souhaitée par Roger Lapeyre, contre l’envahissement des villes par la voiture.

Où en est-on aujourd’hui ?

Quel est le danger représenté par les cyclistes ?

L’accidentologie ne fait, très heureusement, apparaître qu’un nombre infime, tant en France qu’en Europe, de piétons décédés ou blessés par le fait de cyclistes … ni de cyclistes par le fait de piétons.
Cela ramène le problème à sa juste dimension : le nombre de piétons victimes de la circulation motorisée est incommensurablement plus élevé. Toutefois cela ne doit pas se traduire par une sous-estimation du problème de la cohabitation piétons/cyclistes.
Tout d’abord les statistiques n’enregistrent pas les collisions ou accrochages entraînant engueulades, chutes sans conséquences graves, bosses, égratignures, ecchymoses … Mais cela nuit au civisme, à la civilité, à l’urbanité, et participe au sentiment d’insécurité ressenti par de nombreux piétons, notamment des personnes âgées ou accompagnant de jeunes enfants.
D’autre part, si les perspectives d’évolution des « circulations douces » paraissent globalement positives, elles vont poser aux piétons de graves problèmes: il y aura de plus en plus de cyclistes urbains, et leur vitesse augmentera du fait de l’électrification d’un nombre croissant de leurs montures. Il y aura aussi d’avantage d’engins à une, deux ou trois roues (gyropodes, trottinettes, planchettes …) qui chercheront place au soleil, c’est-à-dire essentiellement place sur trottoirs.

Alors, les perspectives sont-elles sombres ?

Nullement. Les réponses se situent aux niveaux humain et technique.
Au niveau humain, il n’y a que des solutions à long terme: une personne grossière ou imprudente ne se transformera pas en quelqu’un de respectueux et attentionné en enfourchant une bicyclette, et une personne hargneuse ou agressive le restera, à pied, à vélo, en auto …
sauf si une éducation au civisme et à la civilité porte ses fruits.
Au niveau technique, les solutions sont plus réalistes et applicables à très court terme. Elles ont pour nom Aires piétonnes, Zones de rencontre, Magistrales piétonnes, Élargissement des trottoirs, Suppression des bandes cyclables sur trottoirs, Suppression effective du stationnement des autos (et des vélos) sur trottoir …
Toutes ces solutions ont fait preuve de leur efficacité, du moins quand elles sont assorties de sanctions en cas de non respect. Elles vous seront présentées lors de prochains numéros de notre bulletin.

Une cohabitation harmonieuse entre piétons et cyclistes implique des solutions techniques procédant d’un urbanisme écologique. Elle exige aussi une lutte contre l’adversaire commun aux piétons et aux cyclistes : la présence excessive de la circulation motorisée individuelle et du stationnement abusif des voitures sur les trottoirs.

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