Chaque été, les fortes chaleurs ramènent les pics d’ozone, et ATMO Grand Est déclenche ses seuils d’alerte sur le Bas-Rhin. L’Eurométropole de Strasbourg réagit en rendant le réseau CTS gratuit. La mesure est automatique depuis 2020. Mais elle bute sur deux limites.
La première tient au calendrier. La gratuité ou les tarifs réduits sont annoncés au mieux la veille, c’est trop tard pour la majorité des automobilistes. Un changement d’habitude ne se décide pas en quelques heures.
La seconde tient à l’offre. Une alternative gratuite ne sert à rien si elle est elle-même fragilisée. Or, au moment précis où l’on demande aux automobilistes de laisser la voiture, les réseaux ferroviaires annoncent des ralentissements liés à la chaleur. Et le reste de l’année, les usagers composent déjà avec les retards, les trains supprimés, les travaux et les dessertes réduites.
Le sujet dépasse la pollution. Il touche aussi l’accessibilité. Les personnes âgées et à mobilité réduite sont parmi les plus exposées à la canicule, et continuent pourtant de se heurter à des gares et des haltes du Bas-Rhin qui ne leur sont toujours pas accessibles. Comme la qualité de l’air, l’accessibilité ne devrait jamais être une affaire de circonstance.
Si l’on veut réellement réduire la voiture en ville, il faut passer de la réaction à l’anticipation : prévenir et inciter en amont, dès l’annonce des fortes chaleurs, et garantir un réseau fiable en toute saison. La marche, les transports collectifs et le vélo constituent les piliers d’une mobilité durable. Mais ces modes ne pourront convaincre davantage de citoyens que si les pouvoirs publics leur donnent les moyens de fonctionner dans la durée, quelles que soient les saisons.

