2015

Numéro 33 – Janvier 2015

(version pdf)

Le Mot du président

Nous voilà déjà en 2015 !
L’année 2014 s’est achevée pour notre association par notre rencontre (annoncée dans le précédent bulletin), le 17 décembre, avec M. Jean-Baptiste Gernet, conseiller municipal et communautaire chargé entre autres des « mobilités actives », donc entre autres « M. Piétons ». On en trouvera le compte rendu ci-après.
Auparavant, le 8 décembre, le Conseil national de sécurité routière (CNSR) s’était réuni.
Sa commission « deux-roues, deux-roues motorisés » avait décidé de proposer au Ministre compétent de « développer les espaces mixtes piétons – cyclistes ». Il est évident que nous y sommes opposés, comme toutes les associations de défense des piétons. L’association nationale « les Droits du piéton » a réagi en écrivant une lettre ouverte au Ministre de l’Intérieur, dont on trouvera ci-joint une copie.
Bref, il nous faut toujours être vigilant pour défendre tous nos droits.
Enfin, tout récemment, ont été annoncées de nouvelles mesures de sécurité routière : voir ci-dessous.
Autre sujet nous procédons actuellement à la mise à jour de notre dépliant « Piétons » qui date de 2007. Nous vous en parlerons dans le prochain bulletin.
Pour terminer, je vous adresse, bien que très tardivement, tous mes vœux de bonheur, de réussite et de santé, à vous et à vos proches, pour l’année nouvelle.
Et bonne année piétonne !


N’OUBLIEZ PAS DE RÉADHÉRER !

Gilles HUGUET

Nouvelles mesures de sécurité routière

Ce 26 janvier, le Ministre de l’Intérieur a dévoilé ses « 26 mesures pour une nouvelle mobilisation » dans le domaine de la sécurité routière.
Pour ce qui nous concerne, une mesure « surprise » – car il n’en était pas question auparavant – est apparue :
l’interdiction pour tous les véhicules sauf les deux-roues de stationner à moins de 5 mètres avant les passages piétons, afin d’améliorer la visibilité entre piétons et conducteurs. On ne peut que se réjouir de cette mesure, mais il conviendra de suivre de près comment elle sera signalée, respectée … et à défaut verbalisée.
Autre mesure : « renforcer les sanctions pour les conducteurs qui, stationnant sur les passages piétons, sur les trottoirs ou sur les pistes cyclables, mettent en danger les piétons en les obligeant à les contourner. »
Cette mesure doit être prise en liaison avec le Ministère de la Justice.
Voilà aussi une bonne mesure … si elle est effectivement appliquée par les forces de l’ordre.
Et fort heureusement, il n’est plus question de « développer les espaces mixtes piétons – cyclistes ».

L’accidentalité des piétons

Hélas le nombre des accidents mortels de piétons ne diminue pas. Dans le Bas-Rhin, en 2014, parmi les 49 tués dans un accident de la route, il y a eu 6 piétons (2 dans la CUS et 4 hors CUS) (6 également en 2013). Par tranche d’âge ils se répartissent en :
2 entre 25 et 45 ans, 3 entre 45 et 65 ans, et 1 de plus de 65 ans. 5 de nuit, dont 3 sur autoroute.
Donc une seule personne âgée, et aucun enfant. Par contre, dans le Haut-Rhin, il y a eu 7 piétons tués (2 en 2013) qui se répartissent en :
2 de moins de 15 ans, 1 entre 45 et 65 ans, et 4 de plus de 75 ans.
Il y a donc là en grande majorité des enfants et des personnes âgées. En France entière : 465 en 2013, 503 en 2014, soit 38 de plus, ou 8 % de plus : c’est encore beaucoup trop.

Rencontre avec M. Gernet

Affiche représentant deux personnages, l'un avec une chaussure à la place de la tête et le second avec une roue de vélo à la place de la tête. Le message au-dessus  "Une seule voie pour les cyclistes et les piétons, celle du respect"

Le 17 décembre 2014 « Piétons 67 » a été reçu par M. Jean-Baptiste Gernet, conseiller municipal eurométropolitain (ex-communautaire), délégué aux mobilités actives et innovantes.
L’entretien a porté sur les possibilités d’amélioration des points 2, 3 et 8 du Plan Piéton de la ville de Strasbourg:

  • accorder plus de place aux piétons,
  • désamorcer les conflits piétons/cyclistes,
  • mieux traiter les carrefours pour les piétons.

La demande a été réitérée de créer une nouvelle signalétique pour améliorer la cohabitation piétons-cyclistes dans les sites contraints, où les espaces mixtes sont nécessaires.
De nouveaux panneaux, basés sur le respect mutuel, (photo ci-dessus) ont été mis en place récemment sur l’avenue du Rhin près du pont Churchill, ainsi que dans le quartier du Port du Rhin. Leur efficacité pourrait être améliorée par l’emploi d’un graphisme qui mette encore plus en valeur le respect du plus faible par le plus fort et qui permette au panneau de ne pas passer inaperçu parmi le mobilier urbain et en particulier les palissades de chantier.
« Piétons 67» attend maintenant une date de réunion sur le terrain, dont le principe a été adopté lors de cette entrevue. Elle concernera des carrefours à feux situés dans le quartier de la gare et à Neudorf, où nous demandons des améliorations pour les piétons, en particulier l’allongement des temps de verts piéton, là où ces temps de vert sont manifestement trop courts pour eux.

André ROTH

La place Saint-Étienne

Cette belle place située dans l’ellipse insulaire au centre de Strasbourg est connue pour sa statue emblématique du « Meiselocker ».
Son aménagement en zone de rencontre, dans le prolongement de la rue des Frères, vient d’être terminé. Avec ses pavés et ses divers mobiliers – essentiellement des bancs et des cubes en pierre servant à la fois de bornes et de sièges -, elle est superbe. (photo ci-dessous).
Contrairement à la place de la Cathédrale et à la place du Château qui sont des aires piétonnes, la place Saint-Étienne tout comme la place Saint-Thomas – est donc une zone de rencontre, ce qui signifie que les piétons y sont prioritaires sur les cyclistes et les automobilistes (limités à 20 km/h.), et que tous doivent y cohabiter « harmonieusement », espérons-le du moins en y passant fréquemment, nous allons observer le comportement des usagers de cette place.

Gilles HUGUET

Numéro 34 – Juin 2015

(version pdf)

Le Mot du président

En cette fin de printemps notre actualité s’est composée d’une part de notre présence au village de la sécurité routière de Strasbourg, comme depuis plusieurs années maintenant (1er article ci-dessous) et d’autre part du « repérage » de plusieurs situations « discutables » de présence de cyclistes sur des trottoirs (2ème article au verso).
Ce dernier sujet est loin d’être réglé.
Par ailleurs, « Piétons 67 » est membre du Conseil de quartier de Strasbourg centre (centre-Vosges pour être plus précis). Nous en parlerons dans le prochain bulletin.
Je souhaite à chacune et à chacun d’entre vous une très bonne période estivale.

Gilles HUGUET

Le village de la sécurité routière sur la place Kléber à Strasbourg

Comme chaque année, « Piétons 67 » était présent au village de la sécurité routière qui s’est tenu sur la place Kléber à Strasbourg durant 3 jours, les vendredi 12, samedi 13 et dimanche 14 juin. Notre stand était à nouveau partagé par « Piétons 67 » et par la Ligue contre la Violence routière Haut-Rhin – Bas-Rhin.
Les autres stands étaient tenus par d’autres associations et par les « institutionnels » (Eurométropole Strasbourg, Police, Gendarmerie).
Bien que le public ne fut pas aussi nombreux qu’on aurait pu l’espérer, certains contacts furent intéressants, et une nouvelle adhésion fut recueillie. Ce fut surtout l’occasion de diffuser notre nouveau dépliant (dont on trouvera un exemplaire ci-joint) qui est sorti de l’imprimerie tout juste quelques jours avant, remplaçant le précédent qui datait de 2007 et n’était plus à jour.

Où l’on reparle des cyclistes sur les trottoirs …

À Strasbourg, (photos 1 et 2) dans le quartier de Neudorf, la rue du Landsberg comporte dans sa partie ouest un trottoir où se déplacent indifféremment les piétons et les cyclistes, et qui a été récemment signalé « voie verte », alors qu’une voie verte ne peut pas longer une chaussée. Mais il est vrai qu’ici elle longe … des voies de tram, la chaussée étant au-delà de celles-ci. Cela semble bien discutable … d’autant que la largeur de cet espace est variable, au plus étroit moins de 3 mètres entre les maisons et la première voie de tram. Si des piétons et des cyclistes y circulent dans les deux sens et doivent s’y croiser alors qu’un tram passe à proximité, une signalisation spécifique pour ces espaces partagés reste à inventer pour inciter fortement au respect mutuel.
À Lingolsheim, (photos 3 et 4) la rue d’Eckbolsheim, devenue depuis peu rue Alcide de Gaspéri, est constituée, sur sa section proche de la limite de l’agglomération, d’une part d’une chaussée bordée des deux côtés d’espaces engazonnés, et d’autre part d’une piste cyclable bidirectionnelle bien marquée. Il n’y a donc officiellement strictement aucun trottoir et donc aucun espace dévolu aux piétons, alors qu’il y a des habitations. Le début de la piste cyclable côté sud est signalé par un panneau d’interdiction signalant une voie interdite aux voitures, aux deux roues à moteur … et aux cavaliers, qui n’interdit donc pas aux piétons de marcher sur la piste cyclable. Encore un cas discutable …
À Souffelweyersheim, (photos 5 et 6) le tout nouvel aménagement de la « rue de la Ville » supprime purement et simplement un des deux trottoirs sur une section d’une centaine de mètres, laissant la place uniquement à une piste cyclable bidirectionnelle … interdite aux piétons, ceux-ci étant priés par un panneau, de façon permanente, de traverser la chaussée pour emprunter l’autre trottoir. Renseignement pris auprès des services techniques de la municipalité, le trottoir n’a pas été prévu, afin d’éviter un espace mixte et de pouvoir maintenir 6 places de stationnement : celles-ci étaient-elles vraiment nécessaires, vu que les riverains ont la possibilité de garer leurs véhicules dans leurs cours, et que le stationnement est possible dans les voies adjacentes ? Très discutable …
En fait, on peut toujours voir un peu partout sur le territoire de l’Eurométropole (ex CUS) des trottoirs supportant sur toute leur largeur des pistes cyclables. La mise en conformité des « trottoirs mixtes » ou « espaces mixtes » et des pistes cyclables sur trottoirs est loin d’avoir été réalisée à ce jour, malgré la décision du Tribunal administratif de Strasbourg qui date de janvier 2013, soit déjà plus de 2 ans, alors que le Tribunal demandait cet aménagement dans le délai (totalement (irréaliste) de 3 mois.
Toutes les situations évoquées ci-dessus sont « discutables », mais l’ex CUS n’a pas cherché à discuter avec les associations et les usagers. Elle a préféré s’en remettre à un jugement du Tribunal administratif et se retrouver à gérer des situations incohérentes, avec de fausses voies vertes et des absences de trottoirs, ceci au détriment des usagers. La nouvelle Eurométropole saura-t-elle faire preuve de pédagogie et instaurer une réelle concertation dans un esprit de co-construction ?

Gilles HUGUET et André ROTH

Retour en haut