Les récentes verbalisations autour du Stade de la Meinau ont suscité de nombreuses réactions dans la presse :
- https://actu.fr/grand-est/strasbourg_67482/strasbourg-la-police-municipale-verbalise-par-erreur-tous-les-habitants-de-cette-rue-je-suis-outre_63801273.html
- https://www.dna.fr/culture-loisirs/2026/02/16/racket-du-stationnement-pour-voir-le-racing-a-92-ans
- https://www.dna.fr/transport/2026/02/12/verbalisations-en-cascade-aux-abords-du-stade-de-la-meinau-tous-les-riverains-sont-estomaques
Plusieurs habitants et automobilistes dénoncent une politique jugée excessive et un manque d’anticipation de la part de la municipalité. Ces inquiétudes méritent d’être entendues. Elles ne doivent toutefois pas conduire à remettre en cause des règles essentielles à la sécurité et à la vie collective.
Une règle générale, pas une nouveauté
Il convient d’abord de rappeler un point simple : le stationnement sur trottoir, devant les accès aux garages, sur les passages piétons ou sur les pistes cyclables est interdit par le Code de la route. Cette interdiction ne dépend pas de la présence de panneaux spécifiques. Elle constitue une règle générale destinée à garantir la sécurité des piétons, l’accessibilité pour les personnes à mobilité réduite et la circulation des services de secours.
Et même si un trottoir est large et qu’il reste de la place pour qu’une poussette passe ce n’est pas un argument permettant de s’y stationner. Certains automobilistes préféreront toujours gêner le moins possible les autres automobilistes au détriment des piétons ou des cyclistes.
Qualifier les verbalisations de « verbalisations abusives » ou de « racket » apparaît disproportionné. Les contrôles réalisés les soirs de match ne créent pas de nouvelles règles. Ils consistent à appliquer celles qui existent déjà et c’est le laxisme des précédentes municipalités qu’il faut fustiger.
Une habitude n’est pas un droit
Pendant des années, l’absence de contrôles a installé un sentiment de normalité. Une habitude, même ancienne, ne constitue pourtant pas un droit. Cela dit, toute remise en ordre nécessite un accompagnement. Il est indispensable d’informer les riverains par courrier, par affichage et par messages préventifs apposés sur les véhicules, a minima. Une application soudaine et stricte de la réglementation, sans pédagogie préalable, sera mal comprise et engendrera des tensions. On n’échappera pas totalement aux « arguments » de « racket » ou de « vous n’avez rien d’autre à faire » que l’on connaît bien.
Il faut également rappeler que, pendant des années, les riverains favorables à davantage de contrôles ont peu été entendus. Les articles de presse auraient gagné à aller à leur rencontre, plutôt que de ne relayer que ceux des personnes verbalisées.
L’aménagement, condition indispensable
Au-delà de la verbalisation, nous attendons de la municipalité un point essentiel : l’aménagement de l’espace public. La matérialisation de places de stationnement sur la chaussée — non seulement autour de la Meinau, mais aussi dans d’autres secteurs — est une priorité. Le marquage au sol limite le stationnement anarchique et contribue à réduire la vitesse des véhicules, renforçant ainsi la sécurité du quartier. Il suffit de se rendre sur place ou de consulter Google Street View pour constater le peu de respect des règles dans certaines rues, comme la rue Pertois à la Meinau ou la rue Jean-Jacques Rousseau et la rue Andrieux au Contades. À noter qu’il s’agit de quartiers résidentiels où une majorité de logements disposent de cours et/ou de garages.
La sécurité et la place des piétons restent l’enjeu central
Lorsque des véhicules empêchent le passage des secours ou bloquent des accès privés, les conséquences peuvent être graves. Dans un quartier soumis à une forte affluence lors des événements sportifs, le respect des règles devient encore plus impératif.
Il faut également rappeler que des solutions existent pour limiter la pression automobile autour du stade, notamment les parkings-relais de la CTS. Leur utilisation constitue une réponse concrète à la saturation du quartier les soirs de match. Il y a aussi des TER spéciaux pour aller et rentrer à partir de plusieurs destinations : Haguenau, Bischwiller, Saverne, Brumath, Molsheim, Erstein, Benfeld, Sélestat, Colmar et Mulhouse.
https://www.ter.sncf.com/grand-est/tarifs-cartes/bons-plans/train-du-racing
Les supporters sont informés, que ce soit par des messages sur l’autoroute, sur les réseaux sociaux ou dans le stade même.
Un dialogue et des aménagements nécessaires
Plusieurs pistes permettraient de réduire les tensions : mise en place d’un marquage au sol clair, modification du plan de circulation dans certaines rues, amélioration de la communication envers les habitants. Ces mesures clarifieraient les règles et faciliteraient leur compréhension et leur acceptation.
La situation actuelle illustre les difficultés d’équilibre entre l’accueil de milliers de personnes ponctuellement en un lieu et les contraintes de stationnement à proximité. Elle rappelle surtout qu’appliquer la loi et aménager l’espace public sont deux démarches complémentaires, et non antagonistes.
